Éducation, violences et conflits en Afrique subsaharienne : sources, données d’enquête (Côte d’Ivoire, Burkina Faso) et hypothèses

La littérature sur le thème « éducation, violences et conflits » en Afrique subsaharienne connaît un remarquable essor depuis la chute du Mur de Berlin (1989). Abondante, cette littérature provient essentiellement, encore à ce jour, de sources institutionnelles et circule sous la forme de travaux d’expertise rédigés en réponse aux commandes des agences d’aide internationales – bailleurs de fonds et ONG. La communauté des chercheurs en sciences sociales n’a guère produit de travaux systématiques sur ce triptyque. Il résulte de ce déséquilibre une limite ouvrant la voie à un fort potentiel de recherches dans les années à venir. Cet article tire d’abord parti d’un premier état, par définition non exhaustif des littératures existantes sur le thème « éducation, violences et conflits en Afrique subsaharienne ». Les liens entre les formes de violences liées au fait scolaire et les conflits armés sont ensuite appréhendés à partir d’une étude de cas, tels qu’ils se tissent dans la complexité d’une histoire présente ouest africaine, au sein d’un double contexte marqué par le déclenchement de la guerre civile en Côte d’Ivoire suite au coup d’État manqué du 26 septembre en Côte d’Ivoire et les déplacements forcés des populations vers les pays limitrophes, le Burkina Faso en particulier. Enfin, sont examinées quelques hypothèses sociologiques utiles pour interpréter les liens existants entre l’éducation, les violences et les conflits et leur donner du sens. Ces liens ne vont pas de soi si on prend la peine de critiquer la faiblesse explicative d’une relation cause-effet selon laquelle la violence à l’école entraîne la mobilisation violence de la jeunesse en temps conflit ou encore que l’éducation à la paix débouche sur la résolution des conflits.

Language
Authors
Publishing year
2007
Collation
p. 94-111