Améliorer l'accès et la qualité de la formation professionnelle initiale et continue des enseignants dans les camps de réfugiés

Rédigé par Candyce Billy et Katja Hinz de l'IIPE-UNESCO, avec Helen West de Education Development Trust. Cet article fait partie d'une série sur la gestion des enseignants dans les camps de réfugiés. 

 

Cet article décrit les recommandations visant à améliorer l'accès et la qualité de la formation professionnelle initiale et continue des enseignants dans les contextes de réfugiés.

 

Recommandations :

 

Augmenter l'offre de formation initiale des enseignants et de programmes de transition et de mise à niveau reconnus

Les enseignants potentiels des communautés d'accueil et de réfugiés sont confrontés à une série d'obstacles qui limitent les possibilités de se qualifier comme enseignants. Les candidats nationaux des régions isolées d'accueil des réfugiés ont souvent un niveau d'éducation inférieur à celui des candidats des régions plus favorisées et peuvent ne pas remplir les conditions d'entrée dans les écoles de formation des enseignants. La mise en place de programmes de transition reconnus permettrait aux réfugiés et aux enseignants des régions d'accueil de devenir enseignants par une voie alternative. Dans les pays où des réfugiés non qualifiés sont recrutés en tant qu'enseignants ou assistants d'enseignement, il conviendrait de prévoir une voie de mise à niveau pour qu’ils obtiennent le  titre d'enseignant.

 

Échos du Kenya 

Au Kenya, le projet Borderless Higher Education for Refugees (BHER) a délivré un certificat d'études pédagogiques (CES-E) d'un an pour les réfugiés qui n'avaient pas de qualifications post-secondaires. Le CES-E a été accrédité par l'Université de York au Canada et reconnu au niveau international. Les crédits obtenus dans le cadre du CES-E pouvaient également être utilisés pour obtenir un diplôme de formation des enseignants délivré par l'université Kenyatta.

Pour plus d'informations, voir la page 49 de l'étude de cas sur le Kenya disponible en anglais sur https://edtlive.b-cdn.net/live/media/pjlmniid/eddevtrust_iiep_report_kenya_v5-04oct22.pdf

 

Inclure une formation aux compétences psychosociales dans les programmes nationaux de formation initiale et en cours de carrière

Les enseignants auprès des réfugiés, qu'il s'agisse des écoles des communautés d'accueil ou des camps, doivent enseigner à des enfants traumatisés dans des classes surpeuplées et multilingues. Il est nécessaire que les institutions nationales de formation des enseignants incluent ces spécificités dans les programmes de formation initiale et continue afin de préparer et d'apporter un soutien constant aux enseignants travaillant dans ces conditions.

 

Proposer une initiation significative et un mentorat régulier aux nouveaux enseignants

« Un nouvel enseignant doit apprendre à se préparer avant de donner des cours aux apprenants. » (Directeur d'école, Kenya)

L'insertion professionnelle doit préparer les enseignants au début de leur carrière et lorsqu'ils changent d'école. L'insertion nécessite un appui plus continu qu'une simple présentation générale et consiste à aider les nouveaux enseignants à mieux comprendre la culture et l'éthique de l'école, ainsi que les différents rôles et responsabilités de la communauté scolaire. La signature d'un code de conduite et le mentorat entre enseignants devraient constituer des éléments clés de l'initiation. La pratique consiste, pour un enseignant expérimenté, à encadrer un nouvel enseignant non qualifié, que celui-ci soit réfugié ou membre de la communauté d'accueil. Cette pratique devrait être systématisée afin de permettre à tous les enseignants de bénéficier du soutien de collègues plus expérimentés.

 

Garantir l'égalité d'accès aux opportunités de développement professionnel pour les enseignants dans les régions éloignées des communautés d'accueil

Comme les camps de réfugiés se trouvent souvent dans des endroits isolés et difficiles d’accès, les possibilités de développement professionnel des enseignants sont limitées. Il convient donc de s'efforcer d'apporter un soutien pratique et logistique pour permettre aux enseignants qui sont auprès des réfugiés d'accéder à des opportunités de développement professionnel significatives. Il peut s'agir d'allocations pour faciliter le transport, de la création de campus satellites pour atteindre les écoles situées dans les zones les plus éloignées, ou encore d'indemnités de transport ou de carburant pour permettre aux fonctionnaires d’accéder aux écoles les plus lointaines.

 

Proposer des programmes reconnus au niveau national et alignés sur les normes nationales

Les partenaires de l'éducation jouent un rôle clé dans le développement professionnel des enseignants des communautés d'accueil, car les centres nationaux de formation des enseignants sont souvent très éloignés des régions d'accueil des réfugiés. Cependant, le manque de coordination et d'accréditation par les organismes nationaux peut conduire à des formations dispersées et non coordonnées qui ne sont pas formellement reconnues. Cela affecte la motivation des enseignants à prendre part au développement professionnel continu (DPC). Garantir que la formation est à la fois guidée et approuvée par des organismes accrédités permettrait d'améliorer les normes, de garantir que la formation est dispensée conformément aux priorités du gouvernement et d'éviter à la fois les doubles emplois et les lacunes dans les possibilités de formation dans les différentes régions.

Dans les camps où un DPC accrédité au niveau national n’est pas possible, les parties prenantes qui gèrent les enseignants devraient veiller à ce que la formation soit au moins alignée sur les programmes gouvernementaux Cela signifie qu'au fur et à mesure des progrès réalisés en matière d'inclusion il pourra être indiqué que les enseignants des camps ont bénéficié d'un DPC similaire à celui des écoles publiques.

 

Lire les autres articles de la série :

Bibliothèque

Rechercher dans notre bibliothèque parmi plus de 500 ressources sur la planification de l'éducation adaptée aux crises